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Le mille du sud 2013 : Un grand cru

dimanche 22 décembre 2013, par SEVERIN Alain

Brevet de mille kilomètres réalisé du 4 au 7 septembre 2013 au départ de Carcès dans le Var

Un clin d’œil à Patrice et Philippe, compagnons d’aventure

J’ai longtemps hésité avant de m’inscrire pour ce brevet, mais devant l’insistance de mes copains parisiens de l’US   Métro, je me retrouve en ce début septembre, en bonne compagnie, à la salle des fêtes de l’Oustaou per Toùti à Carcès dans le Var.

L’ambiance est festive, le repas très copieux et jubilatoire. Je retrouve des têtes connues, je fais connaissance de cyclos venu de l’Europe entière. Chacun essaie de communiquer en anglais avec son voisin, on retrouve des Allemands, des Britanniques, des Américains, et près de nous, deux Russes. Des Italiens très bruyants se sont regroupés en bout de table.

Joseph, bénévole américain clôturera la soirée par un petit concert de cithare avant l’extinction des feux. Chacun essaie de trouver le sommeil malgré la chaleur.

Après un petit déjeuner copieux, nous nous retrouvons dehors pour le départ. Nous partons dans le deuxième groupe. Rapidement, Guy Bouillot et Michel Bailleul mènent la danse. La matinée se passe sans soucis, le rythme est soutenu mais pas excessif. Les membres du Club organisateur qui nous accompagnent éprouvent quelques difficulté
s à nous suivre !

Il fait très chaud. Par des routes minuscules, nous traversons le Lubéron puis les Baronnies. 15H30 à Montbrun, chacun résiste comme il peut à la fournaise. Je décroche un peu, et gère au mieux les crampes qui m’assaillent à la moindre difficulté. Proche du groupe, je rejoindrai Vivian, Patrice et Rénat notre Russe au restaurant de Crest vers 21heures.

Les petits cols du Lubéron brûlés par le soleil

Après un bon repas nous roulons bon train pour rejoindre le Vercors. Le terrain est propice à un rythme soutenu. Nous abordons ensuite des routes escarpées et difficiles et le col de l’Herbouilly. Certains secteurs raides nous rappellent à l’ordre,
la route est encore longue !
Au sommet, contrôle secret, Sophie et Bernard, les organisateurs, nous gâtent d’une soupe et de victuailles qui nous requinquent un peu. Quel plaisir !

La descente se passe bien jusqu’à Seysseins. Nous surplombons l’agglomération grenobloise par une nuit superbe, quel spectacle ! Dans une épingle, il faut quitter cette belle route pour des pistes cyclables. Nous perdrons Rénat, retardé par un quel
conque problème. Dommage pour lui, mais nous sommes toujours quatre, Philippe avec son bel accent du sud et son calme olympien nous accompagne désormais.

Nous faisons une courte pause sommeil à Claix que j’aurais volontiers fait durer un peu, puis petit-déjeuner à Vif. C’est toujours un grand moment de la journée. Nous affrontons la longue bosse et le col qui nous emmène à la Mure. Circulation intense et nerveuse, désagréable, heureusement un décor de carte postale atténue un peu ce supplice.

Le quatuor se sépare un peu, mais en haut du col de Parquetout, raide et rude, nous nous retrouvons. Mes aïeux, quelle pente, que d’effort pour vaincre ses pentes dépassant 10% ! Désormais nous avons 1h30 de retard sur un tableau
de marche visant la fin du délai. Il faudra gérer au mieux notre heure d’arrivée dans les délais.

J’ai du mal, dans la chaleur de l’après midi pour suivre mes collègues, je navigue pas très loin et gère ainsi à ma main la chaleur accablante de l’après-midi. Vivian en profite pour casser sa pédale, il arrêtera au col du Festre. En haut, je croise Patrice qui file déjà vers le col du Noyer et retrouve Michel qui a la tête des mauvais jours. Guy est désormais derrière moi, ils arrêtent tous les trois et rejoignent Carcès au mieux.

Je poursuis ma route, Patrice est d’accord pour par tager la chambre que j’ai retenue à Guillestre. Je suis à Ancelle à 18h30, j’essaie de ne pas perdre de temps. Après Chorges, il faut escalader une longue cote pour rejoindre Embrun. J’y serais à la peine et mettrai un temps fou pour atteindre le contrôle secret niché en haut.
Malgré la vue magnifique et les encouragements de Guy, nous décidons que Patrice file seul et se repose à Embrun en m’attendant.
De nouveau réunis, nous rejoignons l’hôtel à Mont Dauphin. On nous a préparé du café pour le départ, quel luxe. Il est minuit quand je me couche , Patrice, déjà dort.

Nous sommes au pied du col de Vars à 4h15, nous retrouvons Philippe avec bonheur.
Il fait très frais, nous laissons Philippe qui veux monter un peu moins vite. Le temps est superbe, le ciel dégagé, mais le froid intense. Le col se monte bien, seul la portion dans Vars demande un gros effort. Au lever du jour, mous sommes au sommet. Un cyclo se repose dans une tenue très légère, c’est Pat-man. Nous ne le reverrons qu’à l’arrivée.

La descente est une vraie merveille dans le petit jour. J’attends patrice qui a sommeil. A Jausiers, nous prenons un grand café salvateur. Hugh, l’américain de Seattle se restaure également. Je pars derrière lui, Patrice veut dormir un peu.

J’attaque donc tranquillement le col de la Cayole que je ne connais pas. Quel calme, quelles couleurs en cette fin d’été ! J’en profite pour donner de mes nouvelles. Je fais du tourisme. Ryan me double, il monte à une belle allure et semble très frais. Quel beau col ! Je fais une pause café à Villard, bientôt rejoint par Patrice. Nous finirons
cette sublime ascension ensemble. Nous descendrons plein pot pour retrouver du rythme et un peu de temps. Pause restaurant à Guillaumes, il est 12h30. Nous faisons le plein de pizza pour le reste de la journée. Un anglais solitaire nous double, il semble en grande forme.

Sous une grosse chaleur, nous attaquons les cols de Valberg et du Roubion. Les montées ne sont pas trop sévères et les descentes des plus agréables. Nous retrouvons Philippe, avec beaucoup de plaisir. Ces trois cols sont de pures merveilles.
Nous avons la surprise de rencontrer également Christine et Michel qui après avoir assuré un contrôle rentrent à Carcès et nous prennent en photo dans ce décor magnifique.

Nous gérons au mieux ces derniers beaux cols. Nous descendons le plus vite possible sur le Plan du Var où nous arrivons à la nuit tombante. Notre retard est conséquent, l’arrêt prévu à Castellane semble désormais fort improbable pour être à 11heures à Carcès.
Dans la nuit, nous trouveront facilement la route du Broc. Patrice a passé beaucoup de temps pour repérer sur internet les carrefours et routes les plus litigieuses et j’ai un GPS  .

Les difficultés ne sont pas terminées, certains pas sages sont très raides, il nous faut
désormais nous hisser jusqu’à Gréolières. J’ai un mal fou à avancer, malgré une petite
pause sommeil. Il faudra toute la science de Philippe pour que je retrouve une allure
normale.

Il fait un froid sibérien sur le plateau. A un carrefour nous hésitons un peu, une lumière
nous rejoint, c’est Hugh et son gabarit impressionnant. Nous retrouvons la route de
Castellane. Patrice part devant avec Hugh, Philippe et moi faisons un petit somme à l’abri d’une terrasse de café. Puis nous suivons le lit du Verdon, il fait encore nuit. Nous arrivons à la Palud à 7heures. Philippe dévalise la boulangerie, nous dévorons de succulentes pâtisseries arrosées d’un bon café. Nous prenons le temps de récupérer, la nuit a été dure.

Nous sommes désormais au pied du mur, le temps est compté, les cols qui restent, gravis au ralenti. Nous essayons de rouler vite sur le plat et dans les descentes. Le col de la Bigue nous voit à la peine. Aups et Sillans sont traversés en trombe, Cotignac et son marché résistent, mais vaillants, nous poursuivons gaillardement notre progression. Dans les faux-plats descendants, avec Philippe à la baguette, nous limitons les dégâts.

Le lac de Sainte croix. Photos empruntées aux albums publics des participants sur le site du mille du sud.

Enfin Carcès se profile à l’horizon, nous pénétrons dans la salle à 11heures et 7minutes.
Ouf ! Patrice et Hugh sont arrivés quelques minutes avant nous. Nous sommes un petit groupe à avoir géré au maximum les délais. Ce fut très chaud....pour nous

Ce mille est vraiment une rude affaire, il ne faut pas considérer seulement le dénivelé, mais prendre en compte l’âpreté de certains passages. La gestion du temps qui passe, et celle du sommeil constitue le challenge principal de ce brevet. C’est un défi permanent où il faut se montrer intransigeant avec la pendule, savoir ne pas s’attendre, même si le copain roule à une encablure, devant ou derrière...C’est avant tout un raid solitaire dans un décor de rêve. A découvrir absolument.

Merci Sophie pour ce très beau brevet