Accueil > Archives > 2006 > Le casque à bicyclette sur route, pourquoi vouloir l’imposer ?

Le casque à bicyclette sur route, pourquoi vouloir l’imposer ?

lundi 13 novembre 2006, par CJP

Croyez-vous que c’est parce que l’on a un casque sur la tête que tout est permis ! Certainement pas !

Il en est de la responsabilité des dirigeants de clubs d’appeler à la sécurité de nos sorties, au respect du Code la Route et, en général, ils font bien leur travail sur ce point particulier.

Mais, les adhérents de ces clubs ne respectent rien pour le plus grand nombre d’entre-eux et, il est courant de voir un panneau "Stop" non respecté ou un "feu tricolore rouge" grillé par un peloton.
Sauf que le "fauteur" est le plus souvent casqué à croire que le port du casque ouvre droit au non respect.

Pour ma part, ceux que j’ai vu respecter un panneau "Stop" ou un "feu rouge" sont, très souvent, non casqués et roulent sur une randonneuse à sacoche... c’est qu’ils sont prudents ... les bougres, conscients de leur vulnérabilité !

Je ne résiste pas à vous proposer ci-dessous un écrit de Henri BOSC, ancien Vice Président fédéral, sur ce sujet sensible :

Henri écrit :
"... Voici ci-dessous une interview d’une ancienne Madame Vélo du CERTU, à l’occasion du Mondial du deux-roues de Paris, qui fait une mise au point sur les accidents de vélos :

...La vulnérabilité du cycliste est considérablement surévaluée... Les gens sont persuadés que le vélo est dangereux, que les cyclistes sont victimes de nombreux accidents. Or, il y en peu » [par rapport à tous les accidents de la route]. Autre idée reçue égratignée : la tête du cycliste est rarement sa partie du corps accidentée. Le choc à la tête (qui provient en général d’accidents graves), concerne 17% des accidentés cyclistes, mais aussi 24% des automobilistes et 26% des piétons. Autant dire que s’il faut casquer les cyclistes, la consigne devrait valoir pour les piétons et les automobilistes !..."

Henri ajoute ... C’est pourquoi il est particulièrement désagréable de se faire traiter d’irresponsable lorsqu’on ne porte pas de casque, comme on commence également à se l’entendre dire quand on n’est pas équipé d’un cardio-fréquencemètre ; bientôt il faudra porter un genre d’armure comme par exemple les combinaisons des pilotes de rallyes, et surtout ne pas emprunter de routes où roulent aussi des voitures, ce serait le comble de l’irresponsabilité de sortir des voies exclusivement cyclables.

Et pour terminer sur une note d’humour : certains réclameraient le port obligatoire du tutu pour les cyclos qui montent en danseuse.


Alors, pourquoi vouloir à tout prix imposer le port du casque comme je l’ai lu dans un compte rendu d’assemblée générale d’association et laisser entendre que les cyclotouristes roulant sans casque sont des inconscients ?

Personnellement, sur route, je roule sans casque et je m’applique une conduite respectueuse du Code de la Route et des autres usagers. J’essaie d’avoir une attitude NON accidentogène et responsable. Attention ! Je n’ai pas dit, ou écrit, que je n’aurais jamais d’accident ... je dois aussi me méfier des réactions des autres usagers de la route !

Par contre, en VTT  , je roule casqué car le risque de chute me semble plus important de part "le terrain de jeu" sur lequel nous pratiquons : ornières, trous, branches d’arbres, racines, et autres menus plaisirs ...

Imposer le casque sur route ne me semble pas LA bonne solution.

Mieux vaut éduquer les troupes à la Sécurité Routière, au Code la Route et surtout au RESPECT de ces règles essentielles à notre survie dans un milieu où le cycliste est trop souvent oublié.

Le casque, auquel j’associe les lunettes ad’hoc et de préférence noires, n’est qu’un moyen d’image (un de plus, ressembler à ...) et permettre à sa psychologie de trouver, ou faire croire de trouver, une (fausse) sérénité... je suis casqué donc invulnérable !

Mon oeil !

Camarade, soit TRÉS respectueux des Règles de Sécurité Routière, ne regarde pas ta montre, et tout devrait aller pour le mieux !